Recherche
Cette page résume en bref les divers projets sur lesquels je travaille en ce moment.
La variation interlinguistique et interlocuteur dans les sibilantes
Je travaille à mettre sur pied une nouvelle base de données acoustiques servant à comparer la variation interlinguistique à la variation interlocuteur. Dans le cadre de ce project, j’adapte un nombre important de grands corpus oraux intialement conçus pour le développement de technologies de reconnaissance automatique de la parole, provenant de diverses sources, afin de les rendre utiles pour la recherche phonétique. À ce jour, des données pour 32 langues et plus de 4,600 locutrices et locuteurs ont été colligées. J’utilise cette ressource dans un article examinant la variation dans la dynamique spectrale de /s/ (le manuscrit se trouve ici), ainsi que dans un projet en cours qui tente de distinguer la variation sociale de la variation physiologique (attribuable à des différences dans la longueur du canal vocal) dans les caracteristiques spectrales des sibilantes à travers plusieurs langues.
La variation et changement linguistiques en français québécois
Je maintiens un corpus oral de français québécois composé d’enregistrements de travaux de l’Assemblée nationale du Québec, le corpus ParlBleu. Il s’agit d’une évolution du corpus AssNat de Peter Milne (qui est décrit dans sa thèse de doctorat). J’ai mené (avec la collaboration de Laurie Dumont) un travail d’expansion du corpus, au cours duquel la durée totale des enregistrement a été portée à plus de 31 heures et le nombre total de locutrices et locuteurs à 156: nous avons également colligé le plus d’information biographiques possible sur les parlementaires afin de rendre possible l’utilisation du corpus à des fins d’analyse sociolinguistique. Dans un article paru en 2025 dans la revue Laboratory Phonology, je me sers du corpus pour mener une étude en temps apparent de l’émergence d’une qualité rhotique dans les voyelles /ø, œ, œ̃/ en français québécois, en examinant le changement dans la forme de la trajectoire de F3 de ces voyelles et en évaluant le rôle du genre et du lieu d’origine des locutrices et locuteurs dans la progression du changement.
Le lien entre l’articulation et l’acoustique dans les consonnnes rhotiques de l’anglais
Je collabore également avec Eleanor Lawson (Université de Strathclyde) et Jane Stuart-Smith (Université de Glasgow) dans le cadre d’un projet examinant la lien entre la forme de la langue (massée en boule vs rétrofléchie) et les trajectories des formants (F1–F4) dans les consonnes rhotiques à travers trois dialectes de l’anglais (anglais écossais, irlandais et nord-américain). Nous cherchons à determiner s’il existe un lien systématique entre la disposition des formants et la forme de la langue, une question sur laquelle il subsite un important désaccord dans la littérature.